Le bédéiste malien Massiré Tounkara au Temps d’Algérie :«La BD en Afrique n’a pas encore pris son envol»

Travaillant dans une agence de communication au Mali, Massiré Tounkara  s’adonne  en parallèle à son hobby. La bande dessinée  lui procure beaucoup de plaisir et lui permet de dire ses préoccupations, ses inquiétudes et ses espoirs.

 

12929_611663885635358_423493416167027304_nA son actif, Massiré a des publications en bande dessinée ainsi que  d’autres où il fait des illustrations avec un talent avéré. Conscient de la situation peu enviable des éditeurs dans le domaine de la bande dessinée, cela ne l’empêche pas d’exercer son art avec passion. Dans cet entretien, il dit avec lucidité les problèmes liés au neuvième art.

Le Temps d’Algérie : Peut-on vivre de la bande dessinée ?

Massiré Tounkara : Ce n’est pas impossible, mais c’est très difficile.
Il y a le problème du coût par rapport au pouvoir d’achat de l’Africain  ainsi que le manque d’éditeurs et le peu de lecteurs fait que si on réunit tous ces éléments, cela devient  compliqué.
Par ailleurs, il y a de l’espoir quand on se base sur la jeunesse et sur la classe moyenne qui se développe en Afrique et qui a un pouvoir d’achat.
Alors, on peut espérer que la bande dessinée prendra son envol et qu’il y aura une diversité de publications et que les éditeurs prendront plus de risques.

Peut-on connaître vos albums ?

«Les jumeaux à la recherche de leur mère»  en deux tomes est mon premier ouvrage.
Il raconte l’histoire d’une mère qui enfante de jumeaux en même temps qu’une lionne à qui elle confie ses enfants. Le second, «La princesse capricieuse»,  c’est l’histoire de cette femme qui veut épouser un homme sans cicatrices.
Il y a également un album collectif de BD avec des illustrations.
Ce sont 30 articles de la déclaration des droits de l’Homme illustrés et édités par Amnesty International et Glénat. J’ai illustré le quatrième article relatif au droit d’asile.
J’en ai un autre sur la protection de l’environnement intitulé  «Issa et Wassa»  et celui inhérent «Aux animaux du fleuve», édité au Sénégal, et «Sommets d’Afrique»,  paru chez l’Harmattan.

LIRE  INTERVIEW DE MASSIRÉ TOUNKARA

Votre avis sur la huitième édition du Fibda ?

J’ai assisté à cinq  éditions, et depuis 2009,  c’était grandiose, mais c’est devenu énorme.
Dans dix ans, je me demande si l’esplanade va contenir le monde.

Quelles sont vos préférences en matière de BD ?

Je n’ai pas forcément de préférences, car je risque d’être enfermé.
J’ai hérité de l’influence franco-belge que j’apprécie. C’est de l’art et je n’aime pas comparer. Dans le Manga, il y a également des auteurs célèbres comme Taniguchi qui ont un niveau élevé, ou comme le manga coréen appelé Manhwas, où l’on retrouve des histoires d’amour et pas seulement celles de luttes.
Entretien réalisé
par Kheira Attouche

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